Repro des Cichlidés du Malawi

La reproduction des poissons du lac Malawi


Le lac Malawi est situé dans l'est africain. Il s'agit d'une véritable mer intérieure de 800km de long, 80 km de large, et 700 m de profondeur.

L'eau a un PH alcalin de 7.8 à 8.5, la température varie de 23 à 28°C en moyenne.

Parmi les poissons qui peuplent ce lac, les cichlidés sont très majoritaires. Il existe environ 1000 espèces de cichlidés qui y sont endémiques. Elles pratiquent toutes, sauf une, l'incubation buccale.

Les espèces du Lac Malawi peuvent être schématiquement divisées en deux types : les M'bunas (poissons vifs, colorés, de petite taille, se nourrissant d'algues sur les rochers) et les autres de type Utakas ou Haplos (poissons plus gros, plus rapides, qui vivent dans un habitat varié, souvent sablonneux).

La Maintenance :

Il est possible de mélanger des M' bunas et des Utakas, surtout dans un grand bac. Mais en vue de la reproduction, il est préférable de faire un bac spécifique M'buna ou Utaka.

Le volume des bacs dépend du nombre de poissons et de leur taille.

  • Des M'bunas, à 2 ou 3 espèces de 10 poissons, seront bien dans un bac de 300 à 400 litres
  • Des Utakas, à 2 ou 3 espèces de 10 poissons, seront bien dans un bac de 400 à 600 litres

L'eau est neutre ou alcaline. Si l'eau est neutre voire légèrement acide, il est conseillé d'introduire des éléments alcalinisant (roches calcaires, sable de mer avec petits fragments de coquillages, coquilles d'huitre dans le filtre, maërl breton ...). La température idéale est de 25°C, mais peut descendre en hiver, sans problème, à 23°C.

Un décor de roches et un sol en sable fin permettent la constitution de territoires. Des plantes robustes sont utilisables, car les poissons ne les mangeront pas. Cependant, trop de cachettes induisent un comportement de crainte et les poissons peuvent devenir invisibles. II faut « sentir » l'état d'harmonie du bac et le modifier si besoin.

On commence par l'acquisition d'un lot de 6 à 12 poissons d'une même espèce. En effet, ces poissons vivent en groupe où ils développent des relations sociales, avec : le mâle dominant, les mâles dominés et les femelles. La présence de ces différentes catégories est indispensable pour préserver l'harmonie du groupe. Un seul mâle ne montre pas toujours ses couleurs. Il n'est jamais aussi coloré qu'en présence d'autres mâles vis-à-vis desquels il doit s'affirmer. La présence des autres mâles dominés limite énormément l'agressivité que le dominant pourrait développer vis-à-vis des femelles, qui ne s'en portent que mieux.

Il est important de se fournir en poissons de bonne qualité, en notant bien leur nom.

Exemple : Lethrinus auritus gold Senga bay, que l'on traduira de la manière suivante :

  • Lethrinus : nom du genre du poisson -avec majuscule-
  • auritus : nom d'espèce.
  • gold : nom commercial -souvent en anglais-
  • Senga bay : lieu d'origine du poisson (au sud ouest du lac) -avec majuscule-

On trouve ces poissons, soit dans son magasin aquariophile habituel, où ils peuvent être commandés s'ils ne sont pas disponibles, soit aux bourses de cichlidés AFC où l'on trouve des poissons de très bonne qualité à des prix intéressants. L'idéal est de connaître, par le biais de ces bourses ou des clubs, des éleveurs passionnés. Rien ne vaut, en effet, une visite pour y voir les parents, les conditions de maintenance, de nourriture et quantité d'autres informations...

Il est donc recommandé de commencer par un groupe du même âge. Le plus souvent, une « bande de jeunes » de 5 cm convient et reste peu coûteux. Rien n'est pire que de démarrer avec seulement un couple de poissons adultes, où le mâle va tyranniser sa femelle.

Il est indispensable d'éviter l'hybridation des espèces. Si l'on part d'un groupe d'une dizaine de poissons de la même espèce, on limite énormément les risques. Il faut éviter des associations d'espèces trop proches ou trop similaires en forme et en couleur. (Éviter absolument de mélanger des aulonocaras dont les femelles sont indiscernables d'une espèce à l'autre).

Une nourriture variée, riche en protéines et en vitamines est nécessaire à la maturation du groupe. Elle permet aux sexes de se différencier en permettant l'apparition des couleurs.

L'incubation dure 21 jours à 25°C. On repère la date de ponte, ou d'incubation si la ponte n'a pas été vue. (L'incubation se voit à l'augmentation brutale du volume de la bouche, ou au fait que la femelle ne s'alimente plus et mâchonne).

Il suffit de pêcher la femelle à 18 ou 20 jrs d'incubation pour qu'elle crache des alevins de 4 mm à 1 cm selon l'espèce, qu'il suffit de faire grandir à part, dans un petit aquarium d'élevage. On peut aussi pêcher la femelle vers le 15ème jour et la mettre à part dans un petit bac, où elle crachera naturellement ses alvins, en reprenant parfois ses petits dans sa bouche à la moindre alerte. Le vrai souci alors, sera la réintroduction de la femelle dans son bac d'origine le soir, à la fermeture de l'éclairage, de façon à minimiser l'agressivité dont elle risque de faire l'objet. En effet, il y a aussi une hiérarchie dans les femelles ; et si l'on extrait plus de quelques jours un poisson de son environnement social, sa réintroduction peut être problématique car il aura perdu sa place dans le groupe.

Reproduction type : Copadichromis azureus

L'azureus est un poisson superbe, avec une couleur bleue métallisée typique des bleus que l'on trouve chez les poissons du Malawi. Il mérite pleinement son nom d'azur.

La femelle est brune, avec 3 taches noires bien marquées sur le corps, permettant de reconnaitre au 1er coup d'œil un Copadichromis.

Le mâle va creuser un nid parfaitement lisse, en cuvette, dans le sable, avec sa bouche. Si une plante se trouve malencontreusement placée à cet endroit, elle n'y résistera pas !...(le bac malawi ne ressemble pas à un bac hollandais....)

Il va ensuite défendre son territoire toutes nageoires dressées : ses couleurs seront superbes !

La femelle ne restera pas longtemps insensible à son charme, et elle le rejoindra dans son nid : la ponte va commencer. La femelle émet un œuf et pendant qu'elle se retourne pour le prendre dans sa bouche, le male féconde l'œuf. S'ils ne sont pas dérangés, la chorégraphie est parfaite et tous les œufs pondus sont ainsi fécondés et récupérés par la femelle dont la gorge se distend.

Puis la femelle ira dans une zone plus calme de l'aquarium ou elle attendra sans manger les 21 jours d'incubation à 25 °C .Il arrive qu'une femelle un peu jeune n'arrive pas à tenir, et lors d'une distribution de nourriture lâche ses œufs. (Parfois une femelle expérimentée arrive, tout en gardant ses œufs à manger de petits fragments de nourriture).

Le plus dur est ensuite de pêcher celle- ci quand la maturité des œufs est atteinte. Le plus simple est parfois d'enlever toutes les roches du bac...La satisfaction profonde de voir une vingtaine, ou parfois une centaine d'alevins bien vifs, est la récompense de tous ces efforts.

Si l'on a pêché la femelle trop tôt et que l'on trouve des œufs, l'idéal est de refermer délicatement la bouche et de remettre la femelle avec ses œufs en bouche dans son bac pour la repêcher environ 15 jours plus tard. On peut aussi, trouver des alevins incomplètement matures avec une vésicule vitelline en cours de résorption. Dans ce cas on peut récupérer la ponte dans un petit aquarium en plastique de 1litre équipé d'un diffuseur réglé au minimum. Il faut changer l'eau tous les 2 jours et suivre l'évolution des alevins jusqu'à la nage libre.

 

Bibliographie:
Poissons du Malawi :
Le guide Back to Nature des Cichlidés du Malawi Ad Konings (très bonne initiation) Les Cichlidés du Malawi dans leur milieu naturel Ad Konings (très complet et actuel)
Maintenance :
Le guide des Cichlides Association France Cichlide Le grand livre des Cichlides Ad Konings



 

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